Yves Auberson, qui suis-je !

Né le 6 mars 1969 à Genève. Fils de Maya et Bernard AUBERSON. Déjà enfant, les terrains de sport m’attiraient plus que les bancs des classes d’école. J’ai commencé un peu comme tous les enfants par faire du foot, de l’athlétisme, de la course à pied et un jour du tennis que mes parents avaient pratiqués à haut niveau dans leur jeunesse. Pendant mes vacances à Villars, j’ai eu l’occasion de jouer au Golf et là ce fût le coup de foudre immédiat. Dès lors, je ne pensais plus qu’à jouer au Golf, je pensais Golf, je vivais Golf. Inscription au Golf de Bonmont en 1984, j’avais alors 15 ans. A 17 ans je confirme ma place dans l’équipe suisse junior. Deux années plus tard, je gagne le titre de champion suisse junior et signe un contrat Professionnel pour cinq ans.

Début de ma carrière Professionnelle de Golf en 1989, j’ai 20 ans. Création du Roal Oak Team avec comme sponsor principal les montres Audemars Piguet. Je me retrouve sur le circuit de l’Européen Challenge Tour pendant 8 années. Australie, USA et Europe, des belles années et de beaux souvenirs. Malgré plusieurs titres et victoires au niveau suisse et ma sélection dans le Suisse Golf Team, je ne parviens pas à percer au niveau international. Je tire donc ma révérence en 1997 et trouve alors un poste à 50% dans une compagnie d’Assurance vie. Cela me permet de continuer à jouer des tournois en suisse et à l’étranger.

En 1997, j’ouvre avec mon père, une agence immobilière (SEVY SA), spécialisée dans les maisons en ossature bois. Nous sommes à la bonne place, au bon moment et nous faisons un carton. En 1999, je monte avec un ami une société d’événementiel Golf (voyages, compétitions, team building, etc.). Malheureusement, un matin de septembre, deux tours sont tombées et le monde a changé. Année 2004, premiers symptômes, tremblement du bras, perte de l’odorat et état dépressif, le parfait cocktail Parkinson. Au début on ne sait pas, on ne fait pas attention, on se trouve des excuses. Mais les années passent et la maladie progresse. On sent bien qu’il y a quelque chose qui ne va pas, alors on prend un rendez-vous avec un neurologue et là le diagnostic est sans appel… Maladie de Parkinson !

Au début on se dit qu’ils se sont peut-être trompés, parce que ça ne va pas si mal dans le fond. On s’installe dans une sorte de dénis, mais cela ne dure pas et on arrive rapidement à la question « Est-ce qu’il faut le dire ou pas ? » Beaucoup ne le disent pas, c’est un choix, moi j’ai décidé de le dire et de jouer carte sur table. J’ai quitté mon entreprise le mois suivant et j’ai tout arrêté. Tout allait changer, ma vie ne sera pas celle que j’avais imaginé et les choses que je voulais faire ne pourront peut-être jamais se réaliser. Ce fût pour ma femme et moi un énorme choc. On prit très rapidement la décision de tout largué et de partir faire un tour du monde sacs sur le dos avec nos deux enfants de 5 et 11 ans.

Il nous fallût presque deux années pour mettre sur pieds ce voyage. Vendre la maison, les voitures, démissionner, suspendre l’école des enfants, trouver un toit pour notre chat, régler les démarches administratives, les impôts, les assurances et trouver quelqu’un qui s’occupera de notre courrier pendant une année. Ce fût un sacré boulot mais si c’était à refaire je repartirai demain. On dit qu’un long voyage change les gens. C’est vrai, il y aurait tellement de choses à raconter après un voyage d’une année. J’étais parti avec pleins de questions et je suis revenu avec beaucoup de réponses. Mais surtout je suis rentré en suisse avec la conviction de savoir quel chemin prendre pour mon avenir.

Novembre 2011 : ouverture de mon centre de coaching sportif « Sabai Dee » (ce qui veut dire « Bienvenu » au Laos). Après six mois le centre affiche complet et j’en suis très fier ! Mars 2013, ma femme demande le divorce. Sur le coup, je n’ai pas compris, mon monde s’est effondré mais après, une foi que le temps à passer, j’ai compris et je l’ai remercié d’avoir eu le courage de me quitter parce que c’était la seule et la meilleure chose à faire pour elle, pour les enfants et pour moi. Nos routes n’allaient plus dans la même direction. Après une traversée du désert j’ai rencontré Delphine, on restera pendant cinq années ensemble, des années pleines de voyages à vélo, de randonnées dans les montagnes, de trails, on a vécu à mille à l’heure, très vite, trop vite. Notre couple ne l’a pas supporté !

Août 2018 : je passe à deux doigts de la mort. Un accident de scooter qui aurait pu être dramatique, sortie de route dans un virage à 90 km/h et j’ai fini sous la glissière avec deux côtes cassées, les deux clavicules cassées, un pneumothorax, et une hémorragie pulmonaire. Il aura fallu attendre quatre jours pour être opéré (les quatre jours les plus long de ma vie). Une fois de retour à la maison, là encore j’ai pris le temps de réfléchir, j’ai eu une chance incroyable de m’en sortir, et c’est peut-être un signe que quelque chose doit à nouveau changer. En attendant que je trouve à nouveau les réponses à mes questions, voilà déjà les trois résolutions prises depuis mon accident…

  1. Ne plus m’embêter avec des choses futiles et aller directement à l’essentiel
  2. Vivre comme si demain pouvait être le dernier jour de ma vie
  3. Ne pas me prendre la tête avec des choses qui ne sont pas encore arrivées

2020: Merci encore une fois à mes amis Jérôme, Michel, Claude et Luc de s’investir dans ce projet avec autant de détermination. Un remerciement également à l’EPFL et à la société de Production ORCA qui ont tout de suite été intéressé par cette aventure. Je souhaite qu’à mon retour je puisse réaliser mon nouveau projet de vie avec les personnes touchées par cette maladie et je suis convaincu que cette marche dans les Alpes m’apportera si ce n’est pas toutes les réponses, une bonne partie d’entre-elles. Je me réjouis de vivre cette aventure et serai très heureux de la partager avec vous…

– Yves Auberson